Réglementation

L'ARCEP suspend l'attribution de nouvelles fréquences 5G : quelles conséquences pour les opérateurs ?

Le 7 avril 2026, l'ARCEP a annoncé la mise en pause de l'attribution de nouvelles fréquences dans la bande 3,4-3,8 GHz. Analyse d'une décision qui prépare un bouleversement plus profond du spectre.

Équipe SOLUCES DAO15 avril 20265 min de lecture
Analyseur de spectre radio affichant les fréquences 5G

Le 7 avril 2026, l'Autorité de régulation des communications électroniques (ARCEP) a publié une décision attendue depuis plusieurs mois : la mise en pause de l'attribution de nouvelles fréquences dans la bande 3,4-3,8 GHz, pourtant déjà largement exploitée par Orange, Free Mobile, Bouygues Telecom et SFR pour leurs déploiements 5G. Une décision qui, loin d'être un statu quo, prépare une refonte globale du spectre à horizon 2027-2028.

Pourquoi cette pause ?

Selon l'ARCEP, les conditions techniques ne sont pas réunies pour attribuer un bloc supplémentaire dans cette bande sans risquer des interférences avec les services déjà en opération. Les quatre opérateurs exploitent aujourd'hui 37 440 sites autorisés en 3,5 GHz (dont 32 723 opérationnels au 1er avril 2026, selon l'observatoire ANFR), et la densification actuelle pousse le spectre dans ses retranchements.

La pause n'est pas une fin en soi. L'ARCEP prépare parallèlement un chantier plus ambitieux : le réaménagement global du spectre mobile, incluant potentiellement les bandes 6 GHz (convoitées à la fois pour le Wi-Fi et la 5G/6G) et 26 GHz (millimétriques, encore largement sous-exploitées en France).

Les impacts concrets pour les opérateurs et TowerCos

Cette décision modifie plusieurs paramètres stratégiques :

  • Report des investissements prévus en nouvelles antennes 3,5 GHz et réallocation vers la densification du parc existant
  • Pression accrue sur l'optimisation radio : mêmes fréquences, plus de trafic, d'où nécessité de MIMO massif et beamforming avancés
  • Accélération probable du refarming des bandes 2 100 MHz et 2 600 MHz vers la 5G
  • Questions ouvertes sur la rentabilité des sites peu chargés en zones rurales

Observatoire ANFR d'avril 2026 : le déploiement continue malgré tout

Les chiffres publiés par l'ANFR au 1er avril 2026 montrent que la dynamique ne faiblit pas : 54 656 sites 5G autorisés en France (dont 1 285 en Outre-mer), avec un taux de mise en service de 88,1 %. Dans le détail, 35 803 sites exploitent la bande 700 MHz, 26 964 la bande 2 100 MHz, et 37 440 la bande 3,5 GHz.

Côté usages, les cartes SIM actives 5G atteignent 32,9 millions fin 2025 (+34 % en un an), confirmant une adoption utilisateur rapide qui valide les investissements déjà engagés.

Ce que SOLUCES DAO recommande

Dans ce contexte de tension sur le spectre, les opérateurs et TowerCos doivent adapter leur stratégie de déploiement :

  • Auditer les sites existants pour identifier les marges de montée en capacité avant d'envisager de nouveaux pylônes
  • Anticiper le refarming des bandes moyennes en préparant les études de compatibilité
  • Renforcer les études radio pour optimiser les azimuts, tilts et puissances plutôt que multiplier les sites
  • Préparer dès aujourd'hui les dossiers administratifs pour une future attribution de fréquences 6 GHz ou millimétriques

Chez SOLUCES DAO, nous accompagnons nos clients opérateurs et TowerCos dans l'audit de leur parc, l'optimisation radio et la préparation des dossiers réglementaires. Cette pause ARCEP n'est pas un coup d'arrêt mais une invitation à optimiser l'existant — un terrain où notre expertise fait la différence.

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